Communiqué CSP-Fidélio : Mise au point sur la situation Gadji et à Ducos

Par La CSP 22 juillet 2015 Actualité

Concernant les blocages ayant lieu sur les sites des installations de la Calédonienne de Services Publics – au centre de transfert de tri et de valorisation (CTTV) de Ducos et à l’installation de stockage des déchets (ISD) de Gadji – et à la couverture médiatique qui en a été faite, la CSPFidélio tient à rétablir un certain nombre de vérités.

1. Comme l’impose la législation, les cendres de la centrale de Prony sont traitées de façon à ne pas être nocives pour l’environnement

Depuis 2009, les cendres provenant de la centrale de Prony-Energie sont transportées, traitées et stockées jusqu’aux casiers étanches de l’ISD de Gadji, situé sur le territoire de la commune de Paita. Le traitement de ces cendres est effectué et contrôlé par les autorités compétentes selon les normes en vigueur. Celles-ci sont définies par l’Arrêté provincial n°915-2005/PS du 22 juillet 2005. Installé dans des casiers étanches, l’ensemble des eaux résiduelles issues de ces casiers est capté puis traité en totalité. Il n’existe aucune fuite identifiée à ce jour. Trois piézomètres sont installés sur le site, conformément aux règles de sécurité spécifiques à ce genre d’installation (article 9 de l’arrêté n°915-2005/PS). Depuis l’ouverture du site, deux prélèvements* annuels sont effectués par un organisme (SOPRONER) qui envoie les prélèvements à des laboratoires métropolitains indépendants afin de vérifier les eaux de profondeur. Les comptes rendus de ces analyses sont contrôlés par l’inspection des installations classées (la DENV). Ces informations sont publiques et à ce jour, aucune pollution n’a été constatée.

De plus, à l’extérieur de l’ISD, d’autres prélèvements sont effectués deux fois par an sur trois points de rejet : devant le site, côté Nord et côté Sud. Aucune anomalie n’a, là non plus, été relevée. Il s’avère qu’en l’absence de fuite ou d’incident majeur extérieur à l’installation, le traitement des cendres de Prony est réalisé dans le cadre de la loi et donc du respect des règles environnementales. Une information confirmée hier soir par la présidente de l’association environnementale EPLP qui déclarait dans les médias que « si ces cendres sont gérées en bonne et due forme, il n’y a aucune conséquence sur l’environnement ». Ce qui est le cas à l’ISD de Gadji.

2. Les traces de Mercure et d’Arsenic sur site sont dix à cent fois inférieures aux normes ISO et NF

Pour 2014, les résultats d’analyses des perméats (c’est-à-dire les eaux traitées provenant des lixiviats), effectués par un laboratoire indépendant les 25/09 et 22/10 de l’année dernière établissent des taux d’Arsenic de 0.01 mg/L lorsque les normes NF EN ISO 11885 fixent une valeur limite pour un rejet dans le milieu naturel à 0.1 mg/L. De même, ces tests font apparaitre des taux de Mercure de 0.5 mg/L lorsque les normes NF EN 13506 précisent que la valeur limite autorisée est de 50mg/L. Ces résultats figurent dans le rapport annuel de surveillance 2014 transmis aux autorités compétentes comme la loi le commande (article 9.2.1 de l’arrêté n°915-2005/PS). Concernant les lixiviats (le liquide résiduel qui provient de la percolation de l’eau à travers les déchets), ils sont contenus dans des bassins étanches équipés d’unités d’osmose inverse qui permettent de les traiter.

3. A Gadji, pas d’hydrocarbure accepté sur le site de l’ISD

Contrairement à une annonce faite par un média selon lequel « des huiles de vidange étaient mélangées aux cendres », les huiles de vidange et tous les hydrocarbures en général ne sont ni acceptés, ni transportés, ni stockés, ni traités à Gadji car la réglementation l’interdit. Les contrôles sont systématiquement effectués sur les entrants afin de vérifier leur qualité et leur origine. Pour CSP-Fidélio**, il est hors de question d’accepter des hydrocarbures sur le site de Gadji, ni aujourd’hui, ni demain.

4. A Ducos, les cendres sont mélangées à d’autres déchets afin d’être valorisées

A l’inverse de ce qui a été énoncé par ce même média, les matières mélangées aux cendres de Prony sont uniquement issues des fosses septiques et des bacs à graisse provenant des gisements ménagers, professionnels, industriels et touristiques de l’agglomération. Les vidangeurs sont chargés de les transporter jusqu’à Ducos. Là, la station de traitement des liquides de vidange permet d’accueillir les matières liquides de vidanges ainsi que les graisses produites. L’installation est classée pour la protection de l’environnement et, à ce titre, elle est contrainte
de réaliser elle-aussi des analyses (4 fois par an).

Dans le but d’améliorer le fonctionnement de Gadji et de diminuer les envols et les odeurs des déchets stockés dans le centre, la CSP-Fidélio a mis en place un process de mélange de ces boues avec les cendres. En effet, l’un des principes actifs des cendres réside dans leur capacité à inhiber les odeurs. De plus, utilisé comme couverture sur les alvéoles, le produit final permet de limiter considérablement les envols de déchets dans l’intérêt des habitants de la zone et de la commune. Ce procédé a fait ses preuves et a été validé par la Direction de l’Environnement de la Province Sud. Des analyses sont transmises régulièrement à la DENV et, en termes de rejet extérieur, aucune anomalie n’a été observée à ce jour.

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La CSP-Fidélio rappelle qu’elle effectue continuellement le suivi environnemental que lui impose la loi, sous le contrôle des autorités compétentes. Après l’incendie du mois de mars, classé par la gendarmerie, « d’origine extérieure », aucune preuve ne démontre une quelconque pollution sur les sites ou à leurs abords. Au vu de ces éléments, la CSP-Fidélio est en droit de s’interroger sur les véritables causes du blocage de ses installations.

* Comme stipulé dans l’article 9.2.2 de l’arrêté n°915-2005/PS « le prélèvement d’échantillons doit être effectué conformément à la norme « prélèvement d’échantillons – eaux souterraines, ISO 5667, partie 11,1993″, et de manière plus détaillée conformément au document AFNOR FD X31-615 de décembre 2000 »

** Concernant Veolia, cette entreprise n’est plus présente sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie depuis plus de 5 ans.